Depuis quelques années, les données témoignent d’une augmentation du nombre de contaminations par voie hétérosexuelle, en particulier chez les femmes. La gent féminine est aujourd’hui la plus touchée par la pandémie du sida, d’où l’expression la féminisation du vih/sida.
Selon le rapport de l’Onusida en 2005, l’Afrique subsaharienne reste la région la plus touchée par la propagation du VIH . On y trouve les deux tiers de toutes les personnes qui vivent avec le virus dans le monde, soit 24,5 millions.
Dans cette région, les femmes représentent la population la plus vulnérable et paient un lourd tribut au sida.
L’Organisation onusienne estime que 59% des adultes qui vivent avec le VIH en Afrique subsaharienne sont des femmes . Au sud du Sahara, les trois quarts des jeunes entre 15 et 24 ans vivant avec le VIH sont des filles, trois fois plus vulnérables à l’infection que leurs partenaires masculins du même âge.
Parmi les explications, on avance le fait que les femmes sont, sur le plan physique, plus sensibles à l’infection VIH que les hommes et que la transmission d’un homme à une femme pendant le rapport sexuel a deux fois plus de risque de se produire que la transmission d’une femme à un homme.
Cette vulnérabilité particulière des femmes est liée à divers facteurs :
- La concentration virale, beaucoup plus élevée dans le sperme que dans les sécrétions vaginales ;
- La fragilité du col de l’utérus, surtout au cours des règles, en cas de MST ou de petites lésions traumatiques ;
- La surface de muqueuse exposée (col et vagin) est plus importante et le sperme stagne plusieurs heures dans le vagin.
Face au VIH, les femmes cumulent des vulnérabilités d’ordre biologique, physiologique mais également socioculturel. Ces particularités féminines mise à part, le comportement des femmes elles mêmes constitue un danger.
Selon le Pr Luc Montagnier le lavage au savon de la zone vaginale expose les femmes au VIH. Au cours d’un symposium sur « la santé de l’athlète africain » à Dakar le co-découvreur du virus du sida en 1983 a révélé que le lavage au savon et les fréquentes douches intimes à Ph élevé, altère les fonctions de la flore vaginale et la rendent plus accessible au virus du sida. Pour le professeur en médecine les femmes doivent se déparer de certaines pratiques et de développer de nouveaux comportements.
« Le lavage des organes après chaque rapport est indiqué mais la précaution dans la zone vaginale est vitale », a-t-il ajouté.